29 janvier 2012

Behemoth - And The Forest Dream Eternally

13/20

"Behemoth", aujourd'hui, est un des groupes de Death Metal les plus exposés médiatiquement, signé chez Nuclear Blast, enchaînant les tournées et depuis le terrible "Thelema 6" cumulant les très bonnes, voire excellentes sorties. Avec cette chronique, je vous ramène bien avant tout ça. Nous sommes alors en 1994, 3ème année d'existence pour le groupe de Nergal (chant, guitare), Baal Ravenlock (batterie) et Desecrator (guitare, basse). Les jeunes blackeux se sont forgés un nom dans l'Underground polonais par le biais de leurs précédentes démos "The Return of the Northern Moon" et "...From the Pagan Vastlands", assez prometteuses. Ils commencent déjà à effectuer quelques dates, et apparaissent dans les fanzines de l'époque. Étant poussés par la passion, et, émerveillés par la nouvelle scène Black Metal norvégienne, à l'instar de leurs compères de "Graveland", les 3 amis ont l'idée de jouer de ce genre. Et pourtant, à la façon du groupe "Death" mais en Black Metal, ils ont commencé par jouer quelque chose de très proche de "Celtic Frost" et "Venom". La formation, signée chez le minuscule label Entropy Records après avoir été propulsée par le label de leur ami et mentor Krzysztof Azarewicz, qui écrit par ailleurs des lyrics pour le groupe, décide alors de sortir ce mini. Qu'en est-il ? Le MCD commence par "Transylvanian Forest" et son intro forestière, avec ces croassements et ce vent de bois. Le tout s'éteint pour laisser le groupe exprimer sa haine. Et soudain la rage du groupe nous saute à la gueule : les riffs de guitares sont tranchants, ne s'attardant sur aucune subtilité, ayant pour seul but de tout détruire. Baal martèle derrière ses fûts avec une conviction certaine et avec une frappe qui bien que peu rapide se démarque par sa précision. Nergal, alors âgé d'à peine 17 ans, hurle dans son micro avec une force indéniable. La production est sale, très crue, sans fioritures et enregistrée avec les (minables) moyens du bord. Mais je vais vous dire franchement : on s'en fout, un peu comme on se fout que la production de "Darkthrone" soit digne d'un groupe garage rock. Les polonais ont la passion et la hargne, et ici c'est ce qui compte.

Soyons clairs, je ne vais pas vous mentir : ne vous attendez pas à du génie ou je ne sais trop quoi. Le groupe suit la trace de ses aînés, puisant dans "Mayhem" et "Hellhammer", avec un côté épique tirant plutôt vers du "Bathory" sur les 3 premiers albums. Et puis, autant le dire tout de suite : il n'y a pas vraiment d'originalité là-dedans. Bien que le groupe ait une certaine personnalité, il n'y a absolument rien de novateur dans ces riffs enragés et rapides, juste une hargne ancrée dans la musique qui les pousse en avant. Le côté épique et païen que le groupe développera encore plus par la suite est un atout pour le trio, leur permettant de se démarquer de la masse. Le tout n'est pas forcément très égal, pas très abouti ou recherché, mais la recette fonctionne à merveille. Il n'est tourné que vers qu'un seul point : l'efficacité. L'efficacité de ce True Black Metal tirant parfois vers le Pagan, par le biais de riffs dévastateurs et d'une batterie organique au possible. Bien que les influences du groupe soient clairement audibles, notamment "Darkthrone", on sent qu'il y a un clair potentiel qui dévoilera une âme, et un début de personnalité ancrée. Que ce soit à travers le mid-tempo "Moonspell Rites", le rageur "Sventevith Storming Near the Baltic" ou ,ce qui est pour moi la première tuerie du groupe et qui revient encore aujourd'hui dans certaines prestations, "Pure Evil & Hate", on sent que la formation de Gdansk a son propre sens du riff. "Pure Evil & Hate" est à la fois enragé et accrocheur, et la simplicité de sa structure le rend encore plus agressif. Le tout est crade, minimaliste, mais enragé et même entêtant. Malgré cela, le tout n'est pas très diversifié, parfois légèrement répétitif, et souffrant de vocaux peu mis en valeur. Au final, cette 4ème sortie du jeune groupe annonce leur premier album "Sventevith (Storming Near the Baltic)" par le biais d'un Black Metal peu original mais efficace. La bande de Nergal pond ainsi un assez bon MCD, et les 3 compères feront évoluer leur musique dans le bon sens sur "Sventevith".


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